La plupart des personnes ne se connaissent qu’à travers leur personnalité sociale. Celle que l’on montre. Celle que l’on endosse pour répondre aux attentes, aux normes, aux regards extérieurs. Mais prenons-nous vraiment le temps d’explorer notre véritable identité ? Et surtout… devons-nous être ce que les autres veulent que nous soyons ?
L’année dernière, j’ai vendu mes entreprises avec l’intention de partir faire un grand voyage en catamaran, en famille. Un rêve longtemps nourri, mûrement réfléchi. Finalement, ce voyage n’a pas encore pu se faire et j’ai dû rebondir autrement. Ne pas suivre le plan initial. M’adapter.
Avec le recul, j’ai compris que ce voyage n’était pas une finalité en soi, mais un déclencheur. Un passage nécessaire pour répondre à un besoin profond de changement professionnel… et personnel.
Après 16 années d’entrepreneuriat, passées en grande partie à résoudre des problèmes, mon feu intérieur s’était peu à peu éteint. Mon corps, lui, ne s’y est pas trompé : il m’a envoyé plusieurs signaux. Ignorer ces messages n’était plus possible.
Suite à la cession de mon entreprise, j’ai retrouvé ce qui me manquait tant : ma créativité et mon envie d’entreprendre, autrement. Avec mon mari, nous avons recréé un univers autour du bien-être et de l’accompagnement. Un projet qui nous ressemble. À tous les deux.
Plus de salariés. Travailler à la maison. Un rythme plus doux. Moins de stress. Une nouvelle vie… qui ne correspond pas aux normes habituelles de la société. Ni à l’image que beaucoup avaient de moi.
Et parfois, je ressens encore ce sentiment étrange, oscillant entre les bienfaits profonds de cette nouvelle vie et cette part manquante de « visibilité », de « reconnaissance », celle que m’offraient autrefois mes pairs. Les beaux bureaux. La belle voiture. Les symboles extérieurs de réussite.
C’est cela qui me définissait. Ma personnalité sociale.
Et chaque jour, de manière anodine — à travers une phrase, un regard, une remarque — quelqu’un est là pour me la rappeler. Pourtant, je travaille. Je gagne ma vie. Simplement, mon ambition a changé. À quoi bon sacrifier sa santé pour capitaliser toujours plus, alors que la vie est si courte ?
Mon besoin de sortir de cette personnalité sociale ne s’est pas présenté comme un choix intellectuel, mais comme une évidence. Mon corps me l’a imposé. Et c’est ainsi qu’a commencé ma véritable quête d’identité.
Au fond, ce grand voyage n’était pas celui du catamaran. C’était celui de la découverte de moi-même.
La personnalité sociale ne nous définit pas réellement. Elle n’est pas nous. Elle est le reflet de ce que la société, notre entourage, attend que nous soyons. À l’intérieur, il existe une autre dimension. Plus intime. Plus authentique. Notre identité profonde.
On le voit d’ailleurs très souvent chez les personnes qui partent à la retraite : privées soudainement de leur rôle, de leur statut, elles ne savent plus qui elles sont. Leur identité sociale disparaît, et certaines se retrouvent totalement perdues, parfois même fragilisées physiquement ou émotionnellement.
Faire un véritable travail sur soi devient alors essentiel. Non pas pour se transformer, mais pour se retrouver. Pour découvrir son soi intérieur, vivre aligné avec qui l’on est vraiment et reconnaître sa valeur… indépendamment du regard des autres.
Comprendre que la personnalité sociale n’est pas notre véritable identité a été pour moi un premier déclic. Mais ce déclic ne s’est pas fait en un jour. Il a pris la forme d’un long chemin, parfois confus, souvent inconfortable. Dans les prochains articles, je vous partagerai comment cette prise de conscience s’est incarnée dans ma propre vie, à travers un grand voyage… intérieur !
Caroline Lot Menanteau
